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Le sac de la femme qui rêve, Wild Rose et Elisabeth Badinter

Le sac de la femme qui rêve, Wild Rose et Elisabeth Badinter

Le sac de la femme qui rêve

À quoi ressemble le sac d’une femme qui a des rêves à réaliser ? Je l’ai peut-être trouvé l’autre jour, en sortant du cinéma. Il était en solde et la couleur me plaisait. Du coup, je l’ai acheté.
Il a cette particularité d’être suffisamment grand pour que je puisse y glisser mon Carnet de Notes, mon portefeuille, mes stylos. Et mes téléphones. Et mes chargeurs. Et ma trousse à maquillage… Et quelques papiers, éventuellement. Et aussi un mini-miroir et une mini-brosse. Et en été, un mini tube d’écran solaire. Ah, et puis j’oubliais : un mini-dentifrice. Et ma brosse à dents… Voire d’autres choses. Éventuellement.
Il est donc suffisamment grand. Mais il est aussi suffisamment petit ! Parce que je suis petite. Sur moi, les grands sacs semblent disproportionnés (comme les manteaux d’hiver, il faut que je les prenne dans une petite taille, sinon, j’ai l’air noyée dans la robe de chambre de mon grand-père !).  Plus petit et léger qu’un cabas, il contient aussi plus de choses qu’un sac classique. Tout en gardant une certaine grâce, si vous me suivez. Car, comme il est en cuir épais et rigide, il ne ressemblera jamais à une vieille besace déformée. Bref, le sac fonctionnel idéal.

Wild Rose

C’était drôle, d’ailleurs, de tomber dessus en sortant du cinéma : dans le film que je venais de voir, l’héroïne avait perdu son sac. Et ce, à un moment stratégique de sa vie. À un moment où elle allait pouvoir réaliser un de ses rêves !
Une perte de sac très symbolique, donc. Que perd-elle avec ce sac, cette jeune rêveuse ? Ses repères, un peu. Le contrôle sur les événements, beaucoup. Du pouvoir, aussi… Elle est à deux doigts de voir ses rêves s’évanouir. Elle est face à elle-même, face à son destin de fille qui fait tout n’importe comment et si possible sans réfléchir. Seule, face à la fatalité. Alors, va-t-elle réussir à faire face, même si son sac n’est plus là pour la protéger ?
Le film, c’est Wild Rose, de Tom Harper, qui passe en ce moment au cinéma à Paris. Je suis en train de travailler sur un nouveau projet en rapport avec la musique, donc tout ce qui touche à ce sujet m’intéresse particulièrement.
L’affiche promettait qu’on allait être bouleversé, c’était peut-être un peu exagéré, mais c’est une jolie histoire. Et surtout, il a le mérite d’évoquer une question dont on parle finalement assez peu en fiction, alors qu’elle est au centre de la vie de beaucoup de femmes : les enfants.
Qu’est-ce qui se passe quand on a Et des rêves à réaliser (ou des ambitions, ce qui souvent revient un peu au même !) Et des enfants ?
Dans le film, le problème est abordé à travers un personnage un peu particulier, puisqu’il s’agit d’une jeune aspirante chanteuse, mère célibataire, qui sort de prison. Bon d’accord, ils l'ont un peu chargée, mais ça passe très bien. Et surtout, ça a le mérite d’amplifier ce dilemme permanent entre son modeste quotidien et le brillant destin dont elle rêve.
Face à toutes ces belles chansons, face à ce futur presque féerique que représente Nashville pour elle, on comprend vite que la réalité a peu de poids. Pourtant, il va bien falloir qu’un jour ou l’autre, notre aspirante star de la country prenne ses gosses en charge ! Il va falloir qu’elle assure, qu’elle fasse des choix de vie… Or, la miss n’est pas une reine de l’organisation. Elle n’a aucun sens des responsabilités. Sa tête est ailleurs.
L'air de rien, le film pose de vraies questions. Comment avoir un grand projet pour soi sans devenir égoïste… Comment accorder à ces deux bouts de chou l'attention dont ils ont besoin sans pour autant renoncer à son ambition ? Comment concilier les deux ? 

Elizabeth Badinter

Elle a été la première, je crois, à parler du poids de la maternité dans la vie des femmes. Dans son livre L’amour en plus, elle a tenté de déconstruire la notion d’instinct maternel. Je l’ai lu et je l’ai trouvé passionnant, mais je n’ai jamais été convaincue par son principal argument : « durant les siècles passés, les femmes issues de l’aristocratie laissaient leurs enfants en nourrice, ce qu’elles n’auraient pas fait si l’instinct maternel avait existé. En nous occupant désormais de nos gosses, nous ne faisons que suivre une convention sociale ». On voit bien qu’il est facile d’interpréter les mêmes faits historiques en disant que ce sont elles, ces femmes du passé, qui ont sacrifié leur instinct maternel aux conventions sociales de leur époque… Allez savoir.
Le livre d’Elisabeth Badinter est documenté. Ce n’est pas une étude scientifique mais historique. Il ne fournit pas de preuve, mais une théorie. Après, chacune son avis !
Je trouve qu’il a eu le mérite de poser le problème. Ce problème qui se pose dans votre vie de tous les jours quand vous avez le même jour un enfant malade et une réunion avec un client. Ce problème qui se pose quand vous êtes trop fatiguée pour avancer sur vos projets personnels et que vous avez l’impression à force de vous occuper des autres, c’est une part de vous-même qui pourrait bien mourir à petit feu…

Je ne vois pas pourquoi on devrait ne pas avoir d’instinct maternel pour pouvoir nous autoriser à avoir des ambitions. Au fond, ce qui me dérange dans ce bouquin, c’est qu’il donne à ressentir que ce serait soi l’un, soit l’autre. Or moi, je pense qu’on peut avoir les deux. Je pense qu’il ne faut pas mettre les deux en opposition. Je ne vois pas de raison, ni de faire passer le désir d’enfant après l’ambition, ni l’inverse.
Depuis peu dans l’histoire du monde, la technologie nous aide à avancer, nous, les femmes. Au moment où Badinter a écrit ce livre, les possibilités que nous avons aujourd’hui avec Internet n’existaient pas et les auto-entrepreneures encore moins… Le télétravail était impensable… Les choses ont tellement changé en si peu d’années, qu’est-ce qui nous dit que ça ne va pas encore progresser ?
J’ai envie d’espérer que dans un futur proche, les choses vont évoluer en faveur de plus d’équilibre. J’ai envie de croire que les femmes vont trouver, ou inventer peut-être, des moyens pour concilier toutes les aventures de la vie. À leur convenance. Enfin.

 

Trois livres qui ont changé votre vie, la voisine et les courses.

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